Vestiges Imaginés réunit trois démarches artistiques qui interrogent, chacune à leur manière, ce qui demeure, ce qui affleure et ce que l’imagination transforme. Entre matière et mémoire, présence et disparition, les œuvres de Frédérique Domergue, Claire Roger et Florence Jarrige composent un paysage sensible où les formes semblent porter la trace d’histoires anciennes, réelles ou rêvées.
Dans les tableaux oxydés de Frédérique Domergue, la matière devient territoire. À la limite de l’abstraction, ses surfaces évoquent les horizons maritimes, les profondeurs et l’abîme. L’eau y apparaît moins comme un paysage à contempler que comme une métaphore existentielle : ce qui sépare, ce qui attire, ce qui échappe. Les oxydations, avec leurs accidents et leurs nuances, semblent inscrire le temps lui-même dans la matière et ouvrent un espace où chacun peut projeter ses propres récits.
Les objets d’art et contenants céramiques de Claire Roger offrent un autre rapport au récit. Sur leurs surfaces apparaissent de petites scènes, des fragments de paysages, des formes à demi reconnaissables qui semblent appartenir à un monde en train de se construire. Ces images lacunaires invitent le regard à inventer ce qui n’est pas montré : un avant, un après, des personnages, des histoires.
Chez Florence Jarrige, enfin, la pierre fait surgir des figures féminines qui semblent dialoguer avec les bustes de l’Antiquité, tout en s’en éloignant. Élevées sur de hauts piliers, elles quittent la seule référence au passé pour s’élancer vers le ciel.
Ainsi, de la profondeur des eaux aux récits esquissés de la céramique, jusqu’à l’élévation silencieuse de la sculpture, Vestiges Imaginés explore les traces laissées par le temps et la puissance de l’imaginaire à leur donner une nouvelle vie.